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<title>Last posts on  retour de lecture</title>
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<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Chris Offutt : La Loi Des Collines / Shérif Malgré Lui. Dettes de sang.</title>
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<published>2026-09-12T21:26:00+02:00</published>
<summary>   Il est l'une des grandes figures littéraires de cette Amérique rurale, de...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1426530&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/1723687900.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4660.jpeg&quot; /&gt;Il est l'une des grandes figures littéraires de cette Amérique rurale, de ces contrées de la marge qu'il n'a eu de cesse de mettre en avant dans l'ensemble de son oeuvre qui prend pour cadre ce Kentucky rugueux des Appalaches où il a grandi, notamment à Haldeman, au sein d'une communauté ouvrière, nichée au pied de ces contreforts montagneux et isolés que l'on désigne sous l'appellation des collines. Et comme de très nombreux écrivains de ce calibre, Chris Offutt a vécu une période de baroudeur en arpentant les Etats-Unis en stop tout en exerçant une multitude de boulots variés, que ce soit éboueur ou vendeur ainsi qu'employé dans un abattoir ou pour un cirque puis d'embarquer pour la France où il va séjourner durant six mois en vivant sur ses maigres économies qui, une fois épuisées, le contraignent à retourner au pays, où il se lancera dans l’écriture tout comme son père auteur d’une multitude de romans de sciences fiction et de fantaisy ainsi que d’un nombre considérable de textes à caractère pornographique qu’il rédigea sous le couvert de divers pseudonymes. De cette vie tumultueuse, Chris Offutt en tirera trois romans autobiographiques avant de publier un recueil de nouvelles, &lt;em&gt;Kentucky Straight&lt;/em&gt; (Gallmeister 2018) traduit par l’incontournable Philippe Garnier pour la collection La Noire chez Gallimard et repris par la suite par les éditions Gallmeister qui vont publier l’ensemble de ses textes et contribuer ainsi à une certaine renommée notamment avec &lt;em&gt;Nuits Appalaches&lt;/em&gt; (Gallmeister 2019) qui obtient en 2020 le prix Mystère de la critique. Outre ce profil de baroudeur, le romancier partage avec d’autres écrivains de son acabit, cette particularité&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;de s’être éloigné des lieux où il a grandi et sur lesquels se concentre ses intrigues, à l’instar de James Ellroy ayant quitté Los Angeles pour vivre à Denver, James Lee Burke désertant la Louisiane pour s’établir à Missoula ou William Boyle qui s’est éloigné de Brooklyn pour s’installer à Oxford dans le Mississippi en devenant le voisin de Chris Offut qui ne compte pas retourner dans son Kentucky natal, hormis par l’entremise de sa série d’ouvrages mettant en scène Mick Hardin ancien Marines et enquêteur pour la police militaire qui revient à Rocksalt, une bourgade des Appalaches où il a vu le jour et au sein de laquelle sa soeur Linda endosse la fonction de shérif.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-1426551&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/4018117350.jpeg&quot; alt=&quot;chris offutt,la loi des collines,shérif malgré lui,éditions gallmeister,litterature noire,blog min roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,roman policier,roman noir,parution 2026,littérature américaine,country dark&quot; /&gt;La Loi Des Collines :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Cette fois-ci, ce n'est pas une blessure ou un divorce douloureux qui poussent Mike Hardin à revenir dans les collines de son Kentucky natal. Bénéficiant d'une retraite bien méritée, après 14 ans d'activité comme enquêteur du CID de l'armée américaine, il compte simplement se rendre à Rocksalt afin de saluer sa soeur Linda qui vient d'être réélue comme shérif, avant de s'envoler pour la France. Mais Linda et son adjoint Johnny sont sur une grosse affaire en lien avec le meurtre d'un mécanicien bien connu de la région ce qui contraint Mick à intervenir, à son corps défendant, sur une affaire mineur qui débouche sur des rumeurs de combats de coq clandestins et surtout sur la découverte d'un second cadavre. Et bien qu'il ne souhaite pas s'investir dans cette affaire, les événements vont le contraindre à poursuivre ses investigations qui vont le conduire du côté de Detroit en côtoyant les membres peu commodes de la pègre locale. Mais que ce soit dans les bois des collines ou dans les méandres d’une ville tentaculaires, Mick Hardin sait s’adapter à son environnement pour arriver à ses fins. Il ne reste plus qu’à espérer que son audace ne lui coûte pas la vie.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Troisième opus de la série, après &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2022/04/24/chris-offutt-les-gens-des-collines-la-loi-du-talion.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Les Gens Des Collines&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;(Gallmeister 2022) et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2024/02/07/chris-offutt-les-fils-de-shifty-3354261.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Les Fils de Shifty&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Gallmeister 2024), on retrouve avec un plaisir certain, dans &lt;em&gt;La Loi Des Collines&lt;/em&gt;, l’ensemble des protagonistes d’une série qui prend une tournure plutôt inattendue à l’exemple de cette évocation de la France et plus particulièrement de la Corse qui ne sort pas de nulle part puisque certains admirateurs francophones viennent rendre visite à Chris Offutt dans son antre reculé du Mississippi à l’instar du romancier Nicolas Mathieu ou du journaliste Sébastien Bonifay, directeur de Libri Mondi, un festival littéraire d’envergure &amp;nbsp;se déroulant à Bastia. Il semble que cette dernière rencontre ait marqué les deux hommes puisque Sébastien Bonifay en évoque les contours dans son ouvrage &lt;em&gt;(Not) Born In The USA &lt;/em&gt;(Marchialy 2026), retraçant son road trip aux Etats-Unis pour s’entretenir avec les écrivains qu’il admire tandis que Chris Offutt fait mention d’un mystérieux Sébastien installé en Corse qui apparait dans le cours de ce nouveau volet des aventures de Mick Hardin et que l’on retrouvera dans &lt;em&gt;Shérif Malgré Lui,&lt;/em&gt; tenez-le vous pour dit. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Hormis la Corse, on relèvera que Chris Offutt va s’opposer la ruralité abrasive du Kentucky à l’urbanisme tout aussi rugueux d’une ville de Détroit dans laquelle une part non négligeable de l’intrigue va se dérouler et où va apparaître Charley Flowers un individu charismatique tout aussi inquiétant que le décor urbain dans lequel il évolue et dont les échanges savoureux avec Mick Hardin laisse entrevoir une redoutable intelligence au service des trafics sur lesquels il règne sans partage. Mais c'est également autour de la personnalité de Linda Hardin que l'histoire se développe en mettant en avant cette femme shérif au caractère fort, à l'image de ce comté dont on se plait toujours à découvrir certains aspects du quotidien qui se déclinent autour de ses interventions et des rapports qu'elle entretien avec la communauté qui semble l'apprécier. Tout cela s'articule autour du thème des paris clandestins qui prennent une toute autre envergure dans cet environnement précaire où chaque dollar compte ce qui va déclencher toute une succession d'événements tragiques que Mick Hardin va donc devoir gérer en endossant une nouvelle fois le rôle de shérif adjoint ce qui lui permettra d'interpréter la loi à sa manière bien particulière. Et c'est ce que l'on apprécie avec cet homme aux traits de caractère complexes que Chris Offutt met en place avec un sens aiguisé de la narration afin de faire en sorte que l'arche narrative de l'ensemble de la série prenne davantage d'envergure dans ce cadre âpre du Kentucky qu'il restitue de manière admirable sans jamais tomber dans la caricature. On en redemande. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1426600&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/506013747.jpeg&quot; alt=&quot;chris offutt,la loi des collines,shérif malgré lui,éditions gallmeister,litterature noire,blog min roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,roman policier,roman noir,parution 2026,littérature américaine,country dark&quot; /&gt;Shérif Malgré Lui :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;C'est officiel, Mike Hardin endosse désormais la fonction de shérif au sein de la petite ville de Rocksalt dans le Kentucky, ceci jusqu'à ce que sa soeur Linda, victime d'une blessure par balle, se soit rétablie. Le voilà qui parcoure donc les collines en gérant du mieux qu'il le peut les événements qui se présentent à lui à l’instar. Et autant dire qu'il n'est pas à l'aise dans ce rôle, ce d'autant plus que son ex femme Peggy le sollicite afin d'en savoir plus sur les circonstances qui font que Zack, son nouveau mari, vient d'être inculpé pour un meurtre qui s'est déroulé à la lisère du comté. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que des individus en provenance de Détroit viennent squatter la cabane de son grand-père qu'il vient de retaper, afin d'échapper à la menace de truands biélorusses prêts à en découdre. Autant dire qu'arpenter les forêts qui recouvrent les collines de la région ne va pas être de tout repos.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;D’emblée, il conviendra de lire tout d’abord &lt;em&gt;La Loi Des Collines&lt;/em&gt; afin de saisir toute la portée des différentes intrigues qui alimentent &lt;em&gt;Shérif Malgré Lui&lt;/em&gt; où l’on retrouve donc Mike Hardin ainsi que sa soeur Linda qui évoluent dans cet univers rural du Kentucky que Chris Offutt met en avant avec le talent qu’on lui connaît tant sur le plan des paysages qu’il dépeint avec cette verve à la fois sobre et poétique et qui devient bien plus qu’un simple décor, que sur le plan d’une narration, certes complexe, qui donne l’impression de partir dans tous les sens mais que le romancier finit par ramener à bon port en abordant notamment le thème des magouilles immobilières qui semblent déborder dans le comté d’Eldridge où les gens du coin vont s’opposer à quelques promoteurs véreux tandis que Mike Hardin va une nouvelle fois interpréter les lois à sa manière. Et pour parachever le tout, on relèvera cette confrontation finale imprégnée de tension,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;prenant pour cadre cette fameuse forêt des collines devenant le théâtre d’événements tragiques aux allures de règlement de comptes à O.K. Corral mettant un terme à quelques intrigues secondaires alors que d’autres vont prendre naissance en relançant l’histoire dont on attend d’ores et déjà une suite. Mais la singularité du roman réside dans le parcours de Johnny Boy Tolliver, personnage secondaire qui gagne en maturité en trouvant refuge au sein du maquis corse et en se plaçant sous la protection de ce mystérieux Sebastien qui a partagé quelques faits d’arme avec Mick Hardin dont il semble être redevable. Et il faut bien admettre que Chris Offutt se révèle plutôt à l’aise pour mettre en scène cet environnement insulaire méditerranéen dont il a saisi les particularités sans trop tomber dans les clichés, ce qui fait que le récit prend une tournure inattendue qui lui évite donc de s’enliser dans les méandres d’un épilogue trop convenu. Et puis il y a toujours ces échanges vifs et savoureux mettant en exergue la mentalité à la fois rêche et généreuse de ces gens des collines du Kentucky auxquels on finit définitivement par s’attacher. C’est peut-être là que réside toute la magie de l’écriture de Chris Offut.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chris Offutt : La Loi Des Collines (Code Of The Hills). Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anatole Pons-Reumaux.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chris Offutt : Shérif Malgré Lui (The Reluctant Sheriff). Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Heaven Sent de The SteelDrivers. Album : The SteelDrivers. 2008 Rounder Records.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>YAN LESPOUX : LES AMATEURS. COKE EN MEDOC.</title>
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<updated>2026-09-03T00:58:00+02:00</updated>
<published>2026-09-03T00:58:00+02:00</published>
<summary>   Il ne vous aura pas échappé que la rentrée littéraire vient de débarquer...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425802&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/3175593281.jpeg&quot; alt=&quot;yan lespoux,agullo,les amateurs,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,retour de lecture,blog littéraire,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Il ne vous aura pas échappé que la rentrée littéraire vient de débarquer avec son avalanche de livres que l’on ne&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;lira pas, pour la plupart, ce qui en soi n’est pas forcément une mauvaise nouvelle au regard de la ligne des grands groupes éditoriaux s’employant à truster les places des étals de librairies avec cette sempiternelle quête de la visibilité se conjuguant à une affligeante homogénéité qui rejaillit dans la sélection des grands prix littéraires de cette saison vous donnant l’impression de vivre un jour sans fin. L’un des échappatoires indispensables à ce marasme éditorial consistera à vous tourner vers les éditeurs indépendants à l’instar d’Agullo nous proposant avec &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt; de Yan Lespoux, rien de moins que le plus hilarant des livres de cette rentrée littéraire, qui s’inscrit dans une tonalité de roman noir nous rappelant, à certains égards, l’oeuvre déjantée de Tim Dorsey que personne ne connaît en dépit de l’insistance obsessionnelle de l’auteur à vouloir le mettre en avant du temps où il animait le blog &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.encoredunoir.com&quot;&gt;Encore du noir,&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; véritable pilier du mauvais genre. Mais si l’on veut une référence plus parlante, on évoquera le style des frères Cohen qui auraient planté leur caméra dans cette région côtière du Médoc que Yan Lespoux mettait déjà en avant dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2021/01/24/yan-lespoux-presqu-iles-medoc-noir.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Presqu’îles&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Agullo 2021), &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;un recueil de nouvelles à la fois drôle et féroce (dont on retrouvera quelques éléments dans Les Amateurs, pour les lecteurs qui y prêteront attention) d’où émerge toute l’affection qu’il porte pour cette contrée qui l’a vu grandir. Et puis ce Médoc aussi sauvage que grandiose, on le retrouvait dans &lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2023/09/09/yan-lespoux-pour-mourir-le-monde-naufrage-3347888.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Pour Mourir, Le Monde&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (Agullo 2023), récit historique et roman d’aventure s’articulant autour du naufrage d’une armada espagnole au large du golfe de Cascogne, en 1627. Mais c’est d’un tout autre naufrage dont il est question dans &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt;, puisque Yan Lespoux s’inspire de cette marée blanche de 2019&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 16px;&quot;&gt;sur les plages du littoral Atlantique &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;où échoua durant plusieurs semaines, une quantité non négligeable de paquets étanches de cocaïne, pour un total de 1600 kilos recensés par les autorités. Ce type de chargement se déclinant généralement à la tonne, on peut se demander ce qu’il est advenu des 400 kilos manquants. Et c’est justement en répondant à cette question que Yan Lespoux va bâtir son&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;intrigue autour d’une bande de bras cassés découvrant quelques pains de cocaïne qui, en dépit de la manne financière providentielle qu’ils peuvent représenter, vont s’avérer bien plus encombrants qu’il n’y parait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-1425803&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/00/1003735023.jpeg&quot; alt=&quot;yan lespoux,agullo,les amateurs,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,retour de lecture,blog littéraire,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Hélène, tout le monde l’appelle Sue Ellen, parce qu’elle tient le bar de cette petite station balnéaire du Médoc qui a la particularité de rester ouvert en basse saison pour y accueillir toute la petite communauté locale, composée d’individus hauts en couleur qui n’aiment rien tant que deviser sur les ragots et autres considérations régionales. Autant dire qu’Helène est au courant de tout ce qu’il se passe et qu’elle fait donc partie des premières personnes apprenant la découverte de ces pains de cocaïne estampillés du visage suggestif d’Al Pacino, dans son rôle de Tony Montana, qui viennent d’échouer sur la plage, non loin de son estaminet. Et lorsque la nouvelle se répand, voilà que débarque, dans la torpeur hivernale, toute une kyrielle d’individus venus des quatre coins de la France afin de saisir cette stupéfiante opportunité et qui tentent de déjouer la vigilance des gendarmes qui ont bouclé le secteur, Mais la plupart d’entre eux vont revenir bredouille. Et pour cause, Helène peut observer depuis son comptoir, l’attitude de certains de ses habitués qui ont changé de comportement et qui discutent âprement avec l’Américain dont on dit qu’il a quelques compétences dans le domaine de la vente de produits illicites. Mais dans le business du narco-trafic, les amateurs n’ont pas vraiment leur place et vont rapidement l’apprendre à leurs dépens.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Si l’on parle beaucoup du réalisme magique pour nourrir la fiction, Yan Lespoux met en avant un style littéraire bien à lui et peu commun de réalisme comique qui va alimenter une intrigue aussi solide que déjantée, réglée au cordeau et digne des plus fines mécaniques de précision &amp;nbsp;s’articulant autour de faits divers que l’on retrouve notamment dans les pages des journaux régionaux du Médoc bien évidemment, mais que l’on peut aisément transposer dans n’importe quel endroit de France, ce qui fait que &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt; s’inscrivent résolument dans une portée universelle d’histoires de comptoir à l’atmosphère âpre que l’on distinguait dans les premiers films de Guillaume Nicloux pour citer une autre référence cinématographique. Mais au delà de l’aspect à la fois drôle et irrévérencieux qui rejaillit en permanence du texte, jusqu’à vous faire parfois rire aux éclats, les ressorts comiques parfaitement agencés sont au service d’un récit tout en acuité féroce sans pour autant vouloir sombrer dans une méchanceté gratuite. On dira même qu’en arpentant cette station balnéaire du Médoc, baignant dans une sorte de léthargie hivernale, on y décèle une langueur mélancolique chargée de tendresse, entrecoupée de scènes hilarantes pleines de vitalité dans ce qui apparaît comme un équilibre parfait où les multiples pas de côté tous aussi cocasses et inoubliables les uns que les autres vont alimenter le cours d’un récit tournant autour d’une transaction de drogue qui va se révéler aussi laborieuse que bancale. Et puis il faut également souligner le fait que ces traits humour vachard donnent de la consistance à cette galerie de personnages atypiques tant dans l’origine des surnoms dont ils sont affublés que dans les situations cocasses dans lesquels ils s’embourbent, parfois à leur corps défendants, mais plus fréquemment mû par une logique où la bêtise se conjugue à une consommation excessive de boissons alcoolisées à toute heure du jour et de la nuit. A partir de là, on ne peut s’empêcher de s’attacher à ces amateurs qui donnent leur titre à ce roman dont la narration se décline autour du point de vue d’Hélène, cette tenancière de bistrot au regard omniscient qu’elle porte sur l’ensemble de sa clientèle qui transite dans son bistrot, avec cette faculté de reconstituer les événements qu’elle va interpréter à sa manière au gré des confidences, des ragots et des échanges cinglants qu’elle recueille durant ces longues journées d’hiver tandis que le juke-box résonne dans ce brouhaha chaleureux, régenté par l'Américain, autre personnage attachant, plus complexe qu’il n’y paraît, qui semble vouer une passion sans commune mesure pour certains tubes de Johnny Halliday que l’on n’écoutera plus jamais de la même manière, tout comme les Gipsy Kings d'ailleurs. Et autour d’eux gravitent toute une galerie de seconds couteaux plus maladroits les uns que les autres. en évoluant dans ce contexte sociale des petites gens qui se débrouillent du mieux qu’ils le peuvent, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire et que Yan Lespoux met en scène d’une manière magistrale afin de faire en sorte que &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt; fassent partie de ces romans qui marquent les esprits en nous faisant pleurer de rire à l’instar de cette scène de la Grande Librairie accueillant Sylvain Tesson pour la sixième fois afin de présenter son ouvrage consacré aux gorilles argentés. Du grand art.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;Yan Lespoux : Les Amateurs. Editions Agullo 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : Quiero Saber des Gipsy Kings. Album : Love Song. 1996 P.E.M.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>JEONG YOU-JEONG : UN BOHNEUR PARFAIT. LA SOUSTRACTION.</title>
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<updated>2026-08-15T16:44:00+02:00</updated>
<published>2026-08-15T16:44:00+02:00</published>
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&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425034&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/2555726746.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5294.jpeg&quot; /&gt;Exclusivement dédiée à la littérature en provenance de l’extrême-orient, la maison d’éditions Picquier a constitué, depuis 40 ans, un catalogue où tous les genres se confondent que ce soit des classiques ou des romans contemporains, des essais ou des ouvrages pour les enfants ainsi que de la littérature noire allant du thriller au policier classique en passant&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;par le roman noir. Ce qui importe dans le choix des textes, c’est cette sensation d’effectuer une véritable immersion par le biais d’intrigues du cru habilement traduites nous permettant de saisir les particularismes du pays, tant au niveau géographique bien évidemment, mais surtout dans la dimension culturelle et sociale qui émergent de récits ancrés dans le terroir. Dès lors, avec une ligne éditoriale de ce calibre, on comprendra que les thrillers qui intègrent la collection ne répondent pas forcement aux codes occidentaux propre au genre, ce qui permet à &lt;em&gt;Un Bonheur Parfait&lt;/em&gt; de la sud-coréenne Jeong You-jeong d’apparaitre comme un récit dense et chargé de tensions certes, mais qui se dispensera de rebondissements absurdes pour se concentrer sur le fil d’une intrigue captivante qui s’articule autour des points de vue de l’entourage d’une sociopathe inquiétante et qui s’inspire d’un fait divers réel qui a marqué le pays. Il faut dire que la romancière, infirmière de formation, n’est pas une débutante avec pas moins de huit romans qui s’inscrivent tous dans une veine sombre et dont plusieurs d’entre eux ont fait l’objet d’une adaptation au cinéma tandis que d’autres sont traduits en français à l’instar de &lt;em&gt;Généalogie Du Mal&lt;/em&gt; (Picquier 2018), un thriller psychologique qui se penchait déjà sur le portrait d’un jeune homme tourmenté se réveillant avec le cadavre de sa mère gisant en bas des escaliers du duplex où ils vivent. Ainisi, au-delà de la noirceur de ses romans, lJeong You-jeong s’emploie à nous offrir un tableau vif de la société sud-coréenne qu’elle restitue par l’entremise de personnages à la fois nuancés et extrêmement fouillés dont les interactions nous donnent un aperçu des rapports qui les régentent au sein de leur environnement très codifié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425041&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/1309452423.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5292.jpeg&quot; /&gt;A six ans Jiyu s’emploie à respecter du mieux qu’elle peut les règles que lui impose sa maman. Il faut dire que Yuna est exigeante et que son humeur s’assombrit lorsque l’on ne répond pas à ses attentes. Sa soeur en a fait les frais ainsi que le second mari de Yuna qui vient de perdre son fils, issu d’un premier mariage, dans des circonstances tragiques. Il faut dire que les tragédies s’enchaînent dans l’entourage de Yuna. On commence même à se demander ce qu’il est advenu de son premier mari qui semble avoir disparu de la circulation. Jiyu pourrait bien dire qu’elle a vu son papa et qu’elle s’est promenée avec lui au bord de l’étang aux canards avant qu’il ne parte définitivement après avoir mangé un bon repas concocté par sa maman. Mais celle-ci dit que c’est un secret. Et puis il y ces rêves terribles qui hantent les nuits de la fillette avec ces oiseaux qui semblent hurler de douleur. Qu’ont-ils pu avoir bien vu ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Contrairement à bon nombre de thrillers se focalisant sur des psychopathes, on n’adoptera jamais le point de vue de Yuna, cette femme narcissique dont le portrait s’esquisse par le prisme de son entourage que ce soit Jiyu sa fille, Eun-ho&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;son second mari et Jae-in sa grande soeur que Jeong You-jeong met en scène dans une alternance de trois chapitres qui constituent chacune des trois partie d’un roman à la mécanique aussi précise que redoutable. Dès lors, à&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;mesure que l’on progresse dans le cours de l’intrigue, s’additionne ainsi les regards parcellaires de chacun des proches de Yuna qui vont nous permettre de saisir l’ampleur de sa personnalité terrifiante tout en se demandant ce qu’il va advenir de chacun d’entre eux, ceci dans une atmosphère chargée de tension. Ce que l’on apprécie avec cette romancière sud-coréenne, c’est ce pouvoir de suggestion qui rejaillit d’un texte où l’horreur émerge dans une espèce d’incertitude qui ne font que renforcer les doutes du lecteur, sans pour autant abuser du procédé. De cette manière, l’enjeu du roman s’articule autour du devenir des trois membres de la famille de Yuna à mesure que l’on distingue les projets de cette personne inquiétante, en quête d’&lt;em&gt;Un Bonheur Parfait &lt;/em&gt;qui se construit au gré d’une logique implacable qui fait froid dans le dos et que l’on retrouve sur le quatrième de couverture qu’il faudra s’abstenir de lire tant il dévoile certains aspects de l’intrigue, quand bien même si celle-ci ne se définit pas sur des ressorts surprenants mais davantage sur une construction machiavélique où Yuna apparaît peu à peu dans toute sa froide humanité imprégnée tout de même d’une certaine détresse qui ne la rend que plus crédible. Tout cela se construit sur un rythme lent qui correspond à cette langueur hivernale imprégnant un récit de plus de 500 pages où chaque détail compte en s’enchâssant parfaitement et en nous invitant à découvrir également les rapports qui régissent cette famille coréenne reflet d’une société où la pression qu’elle soit sociale ou familiale semble définir les codes d’une société fortement hiérarchisée. Et puis, au gré de quelques analepses chargée d’une certaine mélancolie, on s’aventurera du côté de Vladivostok, ville russe, guère éloignée de la Corée du Sud qui abrita d’ailleurs une importante communauté coréenne avant que Staline ne fasse raser le quartier, mais qui entretient aujourd'hui encore, des liens économiques, culturels et touristiques étroits avec ce pays. D’une richesse incroyable tant au niveau des personnages que de l’environnement dans lequel ils évoluent, Un Bonheur Parfait apparait comme un thriller prenant qui vous envoute à mesure que l’on progresse dans les rouages tortueux d’un texte dense à l'écriture ciselée qui dévoile les contours de la personnalité d’une femme aussi troublante que fascinante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Jeong You-jeong : Un Bonheur Parfait (Perfect Happiness - Wanjeonhan Haengbok). Editions Picquier 2024. Traduit du coréen par Lim Yeong-hee avec la collaboration de Suzy Borello.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : Why&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Should I Love You de Kate Bush. Album : The Red Shoes. 2011 Noble &amp;amp; Brite Ltd.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>NIKOS NIKOLOPOULOS : ET ATHENES BRULAIT. NEIGE DE CENDRES.</title>
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<updated>2026-07-19T00:19:00+02:00</updated>
<published>2026-07-19T00:19:00+02:00</published>
<summary>   Parfois il faut y mettre un peu du sien lorsque l’on est romancier et que...</summary>
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&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1423657&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/826084534.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5063.jpeg&quot; /&gt;Parfois il faut y mettre un peu du sien lorsque l’on est romancier et que l’on veut capter le lectorat, ce d’autant plus lorsque l’on s’inscrit dans un domaine spécifique, à l’instar du polar grec qui se décline désormais dans ce qui apparait comme une série. C’est ainsi que Nicolas Verdan a endossé le pseudonyme de Nikos Nikolopoulos, du nom de famille de sa grand-mère maternelle, pour la publication de &lt;em&gt;Et Athènes Brûlait&lt;/em&gt;, troisième opus mettant en scène Evangelos Moutzouris, un ancien agent des services de renseignements grecs que l’on découvrait dans &lt;em&gt;Le Mur Grec&lt;/em&gt;, initialement publié en 2015 chez la maison d’éditions suisse Bernard Campiche, avant d’être réédité en France auprès de l’Atalante, dans la défunte collection Fusion qui nous proposait également &lt;em&gt;La Récolte Des Enfants&lt;/em&gt;, (L’Atalante 2022) second volume des pérégrination de cet enquêteur oscillant entre la Suisse et la Grèce, tout comme son auteur également journaliste indépendant. On relèvera que les deux premiers romans sont disponibles dans la&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;version poche chez J’ai Lu, tandis qu’à l’occasion de la parution de ce nouveau roman noir, Nikos Nikolopoulos intègre désormais la collection noire Noire des éditions de L’Aube.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Grand amateur de littérature noire et collectionneur à ses heures des classiques du genre, on trouve dans les textes du romancier helvéto-grec cette dimension sociale qui alimente des intrigues s’employant à mettre en lumière les dérives écologiques d’un pays qui s’enlise dans le marasme d’une coopération aux conséquences désastreuses, thème central de &lt;em&gt;Et Athènes Brûlait&lt;/em&gt;, un récit sombre, à la fois bref et solide.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1423659&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/1102197268.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4669.jpeg&quot; /&gt;Il n’y a pas de répit du coté d’Athènes avec ces incendies qui perdurent au mois de septembre en enveloppant la capital d’une épaisse brume acre dans laquelle les habitants étouffent.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Et du côté de la mer ce n’est guère mieux puisque l’extension du port de Pyrée, au profit d’un consortium chinois, génère des boues toxiques que l’on déverse au large, a détriment de la faune marine. C’est pour toutes ces raisons que Popi, jeune agente du Renseignement, refuse même l’idée d’avoir un enfant avec celui qui partage sa vie. Pour un peu, elle aurait même une certaine sympathie pour le militant écologiste sur lequel elle doit enquêter et qui menace de s’en prendre à Starkos, le ministre de l’Environnement également instigateur de ce projet désastreux. Mais outre le dilemme moral qui la taraude, Popi se demande ce que vient faire dans l’équation, cet ancien collègue, Evangelos Moutzouris, qui semble détenir quelques informations compromettantes au sujet de cet édile politique dont les risques d’attentat se précisent.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Du chapitre dix au chapitre zéro, &lt;em&gt;Et Athènes Brûlait&lt;/em&gt; s’égrène comme un compte à rebours autour duquel Nikos Nikolopulos décline un tableau extrêmement sombre et pessimiste de la ville d’Athènes et de ses environs, dont la localité d’Eleusis, qui, au-delà de ses sites archéologiques, est devenue un pôle des activités industrielles, portuaires et commerciales du pays, sacrifiée sur l’autel du profit et de la corruption qui en découlent. C’est donc autour de ce sujet sensible que le romancier construit son intrigue qui s’articule essentiellement autour de Popi, jeune femme aussi énergique que désespérée, menant ses investigations auprès d’un groupuscule extrémiste de militants écologistes menaçant de s’en prendre à celui qu’ils jugent responsable de dérives qui ravagent la Grèce, que ce soit les incendies mais également la pollution marine émanant de cette emprise d’entrepreneurs chinois investissant dans un redimensionnement du port à leur seul profit. Au fil de l’intrigue, Evangelos Moutzouris, apparait de manière plutôt succincte en incarnant les reliquats du passé sombre de la dictature des colonels qui recevait le soutien des Etats-Unis. D’une époque à l’autre, Nikos Nikolopoulos souligne donc cette espèce d’ingérence de pays tiers n’hésitant pas à exploiter les ressources du pays au détriment des habitants malmenés par des autorités corrompues. A partir de ce constat amère qui émane de l’intrigue, on perçoit l’indignation et la révolte de certains individus prêts à faire usage de la violence pour faire en sorte de mettre fin cette surexploitation outrancière et démesurée. Ainsi, sous ce voile de fumée des incendies&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;qui les encerclent, les villes d’Athènes et d’Eleusis apparaissent comme sclérosées par une pollution infernale dans laquelle évolue les différents protagonistes d’une intrigue aussi lucide que pessimiste et dont l’enjeu prenant consiste à savoir si Popi parviendra à déjouer ce projet d’attentat sur lequel elle enquête. Malgré ses tonalités inquiétantes, Nikos Nikolopoulos s’ingénie également à mettre en scène ces petits instants du quotidien d’une communauté résiliante qui viennent quelque peu soulager cette atmosphère terrifiante qui imprègne le texte, ce d’autant plus avec cette mouvance d’une police corrompue qui vient s’en prendre aux migrants, devenant les boucs émissaires&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;de tous les maux qui frappent le pays. Tout cela s’achève sur un épilogue où les regrets s’agrègent à une faible note d’espoir entre un passé révolu que Nikos Nikolopoulos met en exergue et un avenir incertain qui s’inscrit dans un changement de paradigmes qui demeure encore au stade d’une dramatique utopie, à l’image de cette Voie sacrée disparue sous le bitume, incarnation explicite d’un monde perdu qui n’aspire qu’à renaitre de ses cendres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Nikos Nikolopoulos : Et Athènes Brûlait. Editions de L’Aube Noire 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : A Strock of Luck de Garbage. Album : Garbage. 2015 Garbage Unlimited, LLC.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Fanny Taillandier : Sicario Bébé. L’Iliade et L’Odyssée.</title>
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<updated>2026-05-30T07:25:00+02:00</updated>
<published>2026-05-30T07:25:00+02:00</published>
<summary>   Dans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420987&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/3735011863.png&quot; alt=&quot;Capture d’écran 2026-05-29 à 13.28.48.png&quot; /&gt;Dans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on est beaucoup plus prompt à détourner le regard lorsqu'il s'agit de saisir une opportunité pour être publié et ce n'est pas l'actualité toute récente qui a bousculé ce petit univers du livre qui me donnera tord, même s'il existe &amp;nbsp;des hommes et des femmes qui ne dérogeront pas avec leurs convictions. Sans qu'elle ne le porte en étendard, Fanny Taillandier fait partie de ces personnes engagées s'employant à dépeindre son environnement, cet espace périurbain, sorte de frontière entre le monde rural et l'univers des villes dans ce qui apparaît comme une oeuvre sociale où les essais côtoient les romans quand ils ne se mélangent pas les uns aux autres comme le souligne Eric Chevillard à évoquant &lt;em&gt;Les États Et Empires Du Lotissement Grand Siècle&lt;/em&gt;&amp;nbsp; (P.U.F. 2016) : &quot;&lt;em&gt;Publié dans la collection « Perspectives critiques » des PUF comme pour tromper son monde, le deuxième livre de Fanny Taillandier, Les États et Empires du Lotissement Grand Siècle n’est pas un essai d’urbanisme ou de sociologie ni une réflexion sur la ville nouvelle, mais un récit inventif en diable, d’un genre inédit, qui emprunte au conte, à la satire, et se réinvente sans cesse en variant les styles et les approches.&quot;&lt;/em&gt; On ne saurait mieux dire pour définir les textes de cette romancière qui tant sur le thème de l’urbanisme qui traverse ses écrits que dans les différents domaines littéraires dans lesquelles elle s’inscrit, s’émancipe de ces limites dans lesquelles on tendrait à rester enfermer, comme un territoire conquis dont il est difficile de s’extraire puisque intrinsèquement lié à sa condition sociale. Née à Alfortville, à la périphérie de Paris lui apparaissant comme un tout autre monde, Fanny Taillandier suit des études de lettre à Marseille avant de se consacrer durant dix ans à l’enseignement dans plusieurs lycées de Créteil tout en collaborant pour des revues comme &lt;em&gt;Mouvement&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Livre Hebdo&lt;/em&gt;. Et puis c’est &lt;em&gt;Les Confessions D’Un Monstre&lt;/em&gt; (Flammarion 20213) abordant de manière inhabituelle le thème du tueur en série, qui marque ses débuts en tant que romancière où Fanny Taillandier dresse le portrait d’un individu qui va confesser ses crimes au gré d’un récit qui se dépare résolument de tous les clichés galvaudés propre à ce type de personnages qui encombrent la littérature noire. Cette absence de cliché, c’est même un engagement qui anime Fanny Taillandier lorsqu’elle rédige &lt;em&gt;Sicario Bébé &lt;/em&gt;où l’on observe notamment la trajectoire d’un jeune garçon qui va exécuter un contrat pour le compte d’un trafiquant de drogue, afin de subvenir aux besoins de la petite famille qu’il va fonder avec sa compagne, enceinte de lui.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420989&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/2502907572.jpeg&quot; alt=&quot;fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Blaise a dix-sept ans tout comme Djen dont il est fou amoureux et qui attend un enfant de lui. S’il considère cet amour réciproque comme un miracle, le jeune garçon ne doit pas occulter la réalité et prendre conscience qu’ils n’ont pas les moyens d’élever ce bébé à venir. Mais Bobby, son meilleur pote, lui propose la meilleure combine pour acquérir rapidement pas moins de cinquante mille euros en liquidant l’adversaire d’un narcotrafiquant local qui sévit au sein d’une cité amenée à être démolie très prochainement. Pour exécuter ce contrat, Blaise, Djen et Bobby vont donc entamer tout un périple qui vont les conduire d’un foyer pour travailleur à une ZAD enfouie dans un bois en passant par une zone portuaire devenant le théâtre de tous les trafics qui inondent le pays.&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Et au delà de l’amour et de l’amitié qui lient ces trois jeunes gens, finiront-ils par exécuter ce sinistre contrat ? Il faut dire que leurs commanditaires ne sont pas des enfants de coeur et qu’il n’est pas possible de renoncer à un tel&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;engagement sous peine des pires représailles. Une voie sans issue dont il est impossible de s’extraire.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1421071&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/75177403.jpeg&quot; alt=&quot;fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Roman noir ? Roman d’amour ? Roman social ? Ne cherchez pas, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;Sicario Bébé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; se décline sur les trois&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;registres dans ce qui apparaît comme un texte chargé de nuance ce qui fait que Fanny Taillandier s’affranchi des écueils propre à chacun des genres qui s’agrègent les uns aux autres. Ainsi, il n’y aura pas de mièvrerie dans les rapports amoureux de Djen et de Blaise auxquels on s’attache immanquablement en suivant leurs points de vue respectifs qui s’enchainent dans une alternance qui donne du rythme à ce récit imprégné d’une noirceur toute relative s’inscrivant davantage sur le registre de la tension avec cet enjeu sous-jacent de savoir s’ils vont commettre ce crime pour lequel ils vont être rémunéré, faisant écho à ces adolescents, voire même des enfants qui ont défrayé l’actualité des faits divers en tant que tueur à gage pour le compte de narcotrafiquants sans scrupule. Néanmoins, à mesure que se dévoile les personnalités du trio qu’ils forment avec Bobby, on doit bien admettre que le suspense est de courte durée car en s’inscrivant dans un réalisme social dans laquelle on la sent véritablement à l’aise et qu’un Pierre Jolivet ou un Ken Loach ne renieraient pas, Fanny Taillandier s’installe dans une chronique sociale passant en revue tout un environnement précaire que l’on distingue aussi bien dans cet ensemble d’immeubles voués à la destruction, dans les ZAD ainsi que dans les foyers sociaux, mais qui&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;se dilue l’air de rien sur l’ensemble de cette ville sans nom, de seconde zone. Et en dépit de la détresse et des aléas qui jalonnent les parcours de ces trois jeunes gens, on ne peut s’empêcher de voir émerger quelques lueurs d’espoir qui jalonnent cette intrigue où l’on tente de s’extirper du marasme par tous les moyens possibles, au gré de rencontres qui tendent à briser ce déterminisme social dans lequel on voudrait les enfermer à l’instar de ces formations pour lesquelles Blaise serait prédestiné. A partir de là, on apprécie véritablement ces individus qui apparaissent dans l’existence de Blaise et de Djen. Il y a évidemment Bobby, ce gars cool, cet ami fidèle qui aspire à devenir magicien ou cette aïeule s’installant dans une ZAD afin d’éviter de finir son existence dans un EPAHD, ou Sanoune s’employant à venir en aide aux travailleurs précaires, tous représentatifs de cette communauté aux limites de la marge dont l’humanité se révèle dans ces instants de solidarité et de générosité qui émaillent le texte. Peut-être aurait-on aimé que Julien et Malabar, les deux trafiquants de drogue qui sévissent dans cette cité en décomposition, soient un peu plus incarnés et se déploient davantage dans cette intrigue où ils se contentent tous deux d’alimenter la tragédie qui va prendre de l’ampleur au terme d’une confrontation attendue mais dont la finalité se révèle tout aussi brève que singulière.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Il n’empêche que &lt;em&gt;Sicario Bébé &lt;/em&gt;ne verse jamais dans l’excès et le sensationnalisme par rapport à ce thème d’enfant tueur que Fanny Taillandier traite avec une rigueur formelle imprégnée d’une émotion salutaire qui anime ce jeune couple bien éloigné des idées reçues, comme en témoigne leur rapport à la culture et à la littérature avec notamment ces références à Homère et à René Char qui parsèment ce récit sombre certes, mais d’où émergent également quelques superbes instants de tendresse, véritables odes à la vie et à la liberté qui deviennent finalement les sujets centraux de ce singulier roman sortant, l’air de rien et de manière habile, des normes convenues. Une belle découverte ce qui fait que l’on se réjouira de rencontrer Fanny Taillandier à l’occasion du festival Libri Mondi broie du noir qui se déroulera à Luri, en Corse, ce samedi 30 mai 2026.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Fanny Taillandier : Sicario Bébé. Editions Rivages 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Babacar de France Gall. Album : Babacar. 1987, 2004 Warner Music France.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>DONALD RAY POLLOCK : KNOCKEMSTIFF, OHIO. ETENDS-LE, RAIDE !</title>
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<updated>2026-05-24T18:49:00+02:00</updated>
<published>2026-05-24T18:49:00+02:00</published>
<summary>   Lu dans le cadre du festival Libri Mondi broie du noir (30 mai 2026)....</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420662&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/1062604351.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4343.jpeg&quot; /&gt;Lu dans le cadre du festival Libri Mondi broie du noir (30 mai 2026).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est encore une fois Philippe Garnier, journaliste, traducteur et immense chantre de la littérature américaine qui nous balançait à la gueule, comme ça, presque l’air de rien, une trouvaille de son cru, à savoir ce légendaire recueil de nouvelles, au titre imprononçable d’un bled perdu de l’Ohio, qui amorçait les débuts tardifs de la carrière de ce romancier hors norme. Donald Ray Pollock débarquait donc ainsi en France, en 2008 avec Knockemstiff publié initialement aux éditions Buchet Chastel avant de paraître en version poche dans la collection Libretto pour faire tout dernièrement l’objet d’une réédition chez Albin Michel en intégrant la collection &amp;nbsp;Terres d’Amérique &amp;nbsp;dirigée par Francis Geffard qui a contribué à sa notoriété en publiant son roman emblématique, &lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2013/03/10/donald-ray-pollock-le-diable-tout-le-temps-dans-l-ombre-du-r.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Diable Tout Le Temps&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ainsi qu’&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2016/09/21/donald-ray-pollock-une-mort-qui-en-vaut-la-peine-la-part-d-o.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une Mort Qui En Vaut La Peine&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, malheureusement un peu plus confidentiel en dépit du fait qu’il m’apparaît comme beaucoup plus abouti. Hormis la préface qu’il a rédigée en 2018, pour &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2025/12/21/earl-thompson-un-jardin-de-sable-misere-et-chatiments-3383333.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Un Jardin De Sable&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Monsieur Toussaint Louverture 2018) d'Earl Thompson dont il est un grand admirateur et qui l’a grandement inspiré, tout comme Flannery O’Connor qu’il cite régulièrement lors des rares entretiens qu’il accorde aux médias, on était un peu sans nouvelle de ce romancier qui se fait bien trop rare et dont on désespère de lire un prochain roman qui se fait désirer. Quoi qu’il en soit, Donald Ray Pollock entame une tournée en France à l’occasion des célébrations du 30ème anniversaire de la collection Terres d’Amérique dont il est devenu l’un des auteurs phares ce qui lui donnera l’occasion de présenter &lt;em&gt;Knockemstiff, Ohio&lt;/em&gt; dans sa traduction révisée par Philippe Garnier himself tout en bénéficiant d’une nouvelle inédite, tandis que &lt;em&gt;Le Diable Tout Le Temps&lt;/em&gt; est désormais agrémenté d’une préface de Marie Vingtras proclamant sa fascination pour ce texte qui l’a ébranlée. Il faut dire que la fascinante petite musique de Donald Ray Pollock sonne extrêmement juste pour ce qui est de restituer les affres de cette population des USA à la marge qu’il a côtoyée toute sa vie et plus particulièrement lorsqu’il a travaillé durant plus de trois décennies en tant qu’ouvrier dans la puanteur de l’usine de papier de Chillicothe, dans le sud de l'État de l'Ohio, unique vecteur d’emploi de cette région qu’il affectionne toujours autant en dépit &amp;nbsp;des galères qui ont marqué sa vie que ce soit l’alcool, les divorces et la drogue. Cette fameuse petite musique, vous pouvez en avoir un bel aperçu dans l’adaptation au cinéma de son ouvrage &lt;em&gt;Le Diable Tout Le Temps&lt;/em&gt;, où il endosse la fonction de narrateur dans la bande-son en VO avec cette voix légèrement rauque s’agrégeant parfaitement à l’âpreté du texte. Et c'est donc tout cet univers de douleur et de violence que l'on retrouve dans ce sublime recueil rassemblant 19 nouvelles où l’on explore cette région désolée de Knockemstiff, Ohio, avec la certitude qu’il ne sortira rien de bon de ce bled paumé, aujourd’hui complètement abandonné tous, telle une des nombreuses localités fantômes qui jalonnent le pays.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420667&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/2764524585.2.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4347.jpeg&quot; /&gt;Du côté de l’Ohio, si vous débarquez du côté de Knockemstiff, comme ce couple californien, on se dira que vous vous êtes sans doute égarés dans cette combe désolée qui vous contraindra à faire demi-tour. Mais pour ne pas perdre votre temps, vous frair comme eux et et prendre quelques photos des pancartes figées par le temps qui ornent le magasin de Maude, unique commerce de ce patelin perdu. Hormis l'employé qui y travaille plus de dix heures par jour, vous croiserez peut-être Jack Lowry, un gars un peu bizarre qui traine également du côté de Dynamite Hole, un endroit infesté de vipères cuivrées, qu'il a attrapées durant tout le cours de l'été. Au Torch Drive In, il ne vaut mieux pas se frotter à Vernon, un brin agressif lorsqu'on le contrarie devant son gamin, tandis que sa femme cuve sur le siège passager de la voiture. Pour boire un verre, il y a le Hap's qui ne sert pas à manger. Wanda, la barmaid, pourra vous fournir quelques gélules d'amphétamine sous le regard de Bobby Lowe et de son pote Frankie Johnson, deux habitués des lieux quand ils ne sont pas trop défoncés. Ils arpentent parfois la région à bord d'une Super Bee, modèle 69 jaune canari et à ce moment-là, il est préférable de vous ranger sur le bord de la route. Les poules des environs ont eu de mauvaises expériences avec ses deux lascars. Et puis lorsque vous quitterez Knockemstiff, vous passerez à nouveau sur le Schott's bridge et apercevrez Todd qui s'est hissé sur la rambarde du pont et qui regarde fixement les flots en attendant je ne sais quoi. Ils sont vraiment cinglés ces gens-là.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;float: right; margin-top: 0.2em; margin-bottom: 1.4em; margin-left: 0.7em;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420670&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/2239895049.png&quot; alt=&quot;donald ray pollock,knockemstiff ohio,éditions albin michel,collection terres d’amérique,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,blog littéraire,retour de lecture,parution 2026,littérature américaine,roman noir,lecture 2026&quot; /&gt;&lt;/span&gt;D’emblée, il y a cette illustration de David Cain, un plan de Knockemstiff où l’on peut distinguer les différents lieux-dits de la localité ainsi que les endroits où résident certains membres de la communauté qui vont apparaitre dans plusieurs des dix-neuf nouvelles composant ce recueil qui prend pour cadre cette bourgade désolée du midwest où Donald Ray Pollock a passé une grande partie de sa jeunesse. A l’instar de &lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La Vie En Vrai&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;, première histoire de l’ouvrage on ressent comme les réminiscences de l’enfance de l’auteur qui, s’il a forcé le trait, s’inscrit dans un réalisme sans fard qui caractérise une écriture à la fois sobre et puissante.&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt; Et c’est un peu ce qui ressort de l’ensemble de toutes ces nouvelles d’où émerge cet attachement viscéral chevillé à cet endroit, cette combe sans issue, dont il est difficile de s’extraire dans ce qui apparaît comme une véritable allégorie pour ses habitants tentant vainement de trouver une échappatoire à leurs conditions sociales mais qui semble &amp;nbsp;les marquer au fer rouge à l’instar de Sandy, une toxicomane qui s’est fait tatouer Knockemstiff, Ohio sur son cul, à l’encre bleue. Et puis c’est l’absence de tout jugement qui définit l’écriture de Donald Ray Pollock s’employant à demeurer au plus près de ce qu’il a vécu lui-même et de ce que lui a raconté son entourage et qu’il met donc en scène dans cette succession de fictions extrêmement âpres, parfois cruelles, qui ne sont jamais dénuées d’un certain affect même à l’égard des personnages les plus terrifiants à l’exemple de Jack Lowry, un déserteur trouvant refuge dans les collines de Knockemstiff et dont les actes se révèlent aussi abjects que terrifiants. Il n'y a pas de monstre mais des hommes et des femmes aux comportements déviants qui &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;s’abîment dans une logique de violence, d’addictions et parfois même de malchance définissant leur quotidien sordide que l’auteur dépeint de manière à la fois sobre et directe avec parfois cette pointe d’humour, dans ce qui apparaît comme une dimension burlesque où la grimace se définit dans la détresse et la douleur de protagonistes ballotés par des événements qu’ils ne sont pas en mesure de maîtriser. Parce qu’il n’y a pas de faux-semblant, parce qu’il n’y pas de volonté de se complaire dans le registre d’une violence gratuite, l’intégralité des intrigues marqueront le lecteur qui ne pourra se départir du malaise imprégnant l’atmosphère de cette région de Knockemstiff qui s’incarne dans la personnalité délétère de cette galerie de personnages fracassés par les affres de leurs existences respectives, reflet de cette marginalisation de ces trous paumés du midwest dans lesquels on se rend, presque par mégarde, pour prendre quelques clichés des lieux et des gens comme si l’on était en quête de sensation que l’on rapporterait à notre retour dans la civilisation. Et c’est bien de cette fracture, de ce choc des civilisations, dont il est question dans &lt;em&gt;Knockemstiff, Ohio &lt;/em&gt;que&lt;em&gt; &lt;/em&gt;Donald Ray Pollock décline finalement dans chacune de ses nouvelles s’achevant bien souvent sur petite une note bien acérée, chargée d’une ironie poisseuse ou mordante, parfois aussi fulgurante que l’impact d’une balle de 44 magnum. Gare au choc ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Et à l’occasion de sa tournée en France, vous pourrez rencontrer Donald Ray Pollock au festival Libri Mondi broie du noir qui se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Luri en Corse. Un rendez-vous à ne pas manquer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Donald Ray Pollock : Knockemstiff, Ohio (Knockemstiff). Editions Albin Michel. Collection Terres d'Amérique 2025. Traduction de Philippe Garnier, révisée en 2025 pour la présente édition.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Last Train to Clarksville de The Monkees. Album : The a's, The B's &amp;amp; The Monkeys. 2026 Rhino Entertainment Company.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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